Collectivité territoriale : comment gérer une décharge de fonction ?

La plupart des cadres en décharge de fonction que je rencontre sont secoués, certains comme sidérés par ce qui leur arrive.
Ce moment passé, quand les esprits reviennent, la réaction est de rechercher hâtivement un nouveau poste. Comme poussé par un irrésistible instinct de sécurité, la majorité se lance dans la chasse aux annonces.

Le cv est réactualisé, très souvent, sans réelle réflexion sur la valorisation des compétences et de leur adéquation avec les offres de postes ciblées. La lettre de motivation est rédigée de façon classique car on est pas bien inspiré dans des moments pareils. Elle ressemble aux lettres des autres candidats et perd de sa substance : l’expression de sa maturité intellectuelle.

Et puis les premières désillusions arrivent : pas de retours des courriers, la lenteur du traitement des candidatures, les promesses qui se font attendre, etc.
C’est là que l’on se rend compte que l’on a négligé son réseau pendant tout ce temps.

Les jours et les semaines passent, et enfin on obtient un rendez-vous. On pense à tout pour réussir. Rien ne doit être laissé au hasard, sa tenue vestimentaire, la pertinence de ses motivations, sa conviction pour le poste, son énergie avérée, son déroulé de parcours, son expérience réussie. En face du jury, l’entretien semble ne s’être pas trop mal déroulé.

Maintenant, il faut patienter, parfois très longtemps. La nouvelle tombe : vous n’êtes pas pris, même si vous correspondez vraiment au profil. Nous avons hésité longuement pour porter notre choix sur l’autre. C’est la deuxième place et parfois, cela devient une habitude.

« Mais qu’est-ce que je fais de mal ? » et voilà que l’on doute de soi et de ses capacités et du regard des autres. Tout se mélange alors : « suis encore capable d’exercer à ce niveau ?, Est-ce que je suis fait pour ça ?, Suis-je vraiment à la hauteur ?, Qui voudra de moi ? », etc.

En fait, une chose essentielle a été négligée dans tous ces préparatifs : son comportement non verbal. Celui de l’expression du corps, du visage, de la tonalité de la voix. On ne se voit pas en entretien et on ne se rend pas compte que l’on peut transférer son mal être.

Ce mal être se ressent particulièrement à la question : «  pour quelles raisons quittez-vous votre collectivité ? ». Apprenez à vous observer en vous filmant, par exemple.
Apprenez à mieux communiquer en vous faisant aider par un proche.
Un entretien de recrutement, c’est d’abord un entraînement…  Aldous Huxley disait : « L’expérience n’est pas ce qui arrive à un homme ; c’est ce qu’un homme fait devant ce qui lui arrive ».

Revue de presse – La lettre du cadre 03-02-2015